Depuis janvier 2026, 1 400 enfants des quartiers prioritaires de Marseille participent à une expérimentation inédite portée dans le cadre du dispositif “Les temps de l’enfant” par l’Académie Aix-Marseille (DSDEN 13), la ville de Marseille, le dispositif Territoires Numériques Éducatifs (TNE) et Lili pour apaiser le climat éducatif en développant les compétences psychosociales et langagières. Un premier temps collectif a posé les bases : formation intercatégorielle, prise en main de la ressource numérique, premiers ateliers en classe. Mais une expérimentation, ça ne s’arrête pas à la formation initiale. On vous présente la suite.
Des retours encourageants des équipes enseignantes et d’animation suite à ce premier temps
« Dans la partie périscolaire le planning est vraiment intéressant, notamment pour organiser une journée en ACM qui ne disposerait pas de projet d’animation spécifique, il n’y a qu’à s’appuyer dessus et le mettre en place.. »
« J’ai été surprise de la facilité avec laquelle les élèves sont rentrés dans les activités. Les élèves sont hyper intéressés. C’est facile à utiliser. »
« C’est stimulant, cohérent. Les outils peuvent prêter à plein d’utilisation. Plein de choses sont transversales. »
« Je me suis régalée. Les élèves le réclament. Ça change au retour des récrés. »
« La météo intérieure est affichée dans le couloir, les élèves la changent dans la journée, n’en abusent pas. Cela développe beaucoup le vocabulaire, ils prennent conscience de leurs émotions. »
« Une grande partie de l’équipe réalise les rituels quotidiennement et quelques collègues ont déjà commencé à travailler sur Helen Keller. Les retours sont globalement très positifs. »
« Les histoires des rôles modèles : L’écoute, cela s’entraîne, cela s’éduque. C’est bien de ne pas avoir un support visuel. Et ce n’est pas grave de ne pas tout comprendre, on ne rabaisse pas l’exigence lexicale, comme lorsque l’on fait de l’anglais. »
« Les rôles modèles, faits sur tous les niveaux, cela crée une histoire commune. Les petits demandaient aux grands. Cela crée de l’interaction et ils en parlent à la maison. »
Revenir sur ce qui fonctionne et sur ce qui résiste
Écouter, comprendre, ajuster
Former des équipes, c’est bien. Accompagner ce qui coince dans la réalité du terrain, c’est encore mieux.
L’expérimentation marseillaise repose sur une conviction simple : une formation n’est jamais terminée après la première session collective. Les questions vraiment importantes arrivent après. Quand on est seule, seul face à sa classe et face au groupe périscolaire. Quand quelque chose ne se passe pas comme prévu. Quand on doute.
C’est dans cet esprit que les équipes Lili reviennent auprès des enseignants et des animateurs pour travailler sur ces dimensions essentielles.
Certaines notions dans les compétences psychosociales, certains outils, certaines postures n’ont pas trouvé leur place du premier coup. Et c’est normal. La pédagogie des compétences psychosociales demande un vrai changement de posture vis-à-vis de l’enfant et de soi-même. Ça ne s’installe pas en une matinée.
C’est également l’occasion de reprendre ces zones floues avec bienveillance : comprendre pourquoi quelque chose n’a pas fonctionné, ajuster l’approche, et trouver ensemble comment ça peut s’ancrer durablement dans le quotidien de la classe ou du périscolaire.
La posture, encore et toujours
Au cœur de cette nouvelle session : travailler la posture de l’adulte encadrant. Accueillir ce que dit un enfant sans corriger en atelier philo ou lors d’un retour réflexif. Libérer la créativité lors des activités Je m’exprime. Créer un espace de confiance pour favoriser la participation aux activités Je me pose. Accepter de modifier les modalités initialement prévues lorsque cela s’avère nécessaire.
Tout cela demande un important travail sur soi et nécessite d’accorder du temps sur les retours, des ajustements et surtout de s’autoriser un regard bienveillant envers soi-même. Croire en soi, ce n’est pas une compétence qui s’acquiert en un jour. C’est une posture qui se construit, se rate, se réajuste.
De nouvelles sessions sont là pour ça.
En complément des temps de formation présentiels,les équipes peuvent s’appuyer sur les modules d’auto-formation “Sensibilisation aux CPS” et “Ateliers philo pour enfants” pour approfondir leurs pratiques à tout moment.
Et toi, adulte, tu crois en toi ?
Il y a un angle que l’on pourrait avoir tendance à oublier : le bien-être et la confiance des adultes encadrants. Pourtant, un enseignant qui doute de lui a plus de risques de transmettre ce doute. Un adulte qui ne se sent pas légitime hésite à lancer une activité. Un animateur convaincu de sa propre valeur, lui, peut créer un espace dans lequel les enfants osent.
À Marseille, cet aspect est travaillé explicitement. Géraldine et les équipes Lili ne viennent pas seulement avec des outils pour les élèves. Elles viennent aussi nourrir la confiance de celles et ceux qui les accompagnent au quotidien.
Parce que croire en soi, ça commence par les adultes.
Approfondir avec Croire en moi et La jouer collectif
Les échanges ne se limitent pas à revenir sur l’expérience. Ils ouvrent aussi de nouveaux horizons pédagogiques en miroir avec deux séquences en classe, et deux projets d’animation sur le temps périscolaire, que les équipes vont découvrir et expérimenter.
« Croire en moi » : une suite d’activités Lili centrées sur l’estime de soi et la reconnaissance de ses propres forces. Pour des enfants habitués à être évalués, être jugés, être parfois classés, travailler sur leur qualité et leurs valeurs, c’est déjà un acte pédagogique puissant.
« La jouer collectif » : une suite d’activités Lili qui place le groupe au cœur de la réflexion. Apprendre à écouter l’autre. À construire ensemble. À trouver sa place dans un collectif sans écraser ni se laisser écraser. Des compétences sociales fondamentales, pour la cour de récré, pour la classe, et pour la vie.
Ces deux séquences / projets d’animation s’articulent avec ce qui a déjà été initié, et viennent enrichir le socle de travail sur les CPS engagé depuis janvier. Ainsi les 3 séquences pédagogiques / projets d’animation couvrent les 3 compétences psychosociales : émotionnelles, cognitives (conscience de soi) et sociales. Lili permet de toutes les développer avec les enfants.
Sensibiliser les familles aux CPS au service de la co-éducation
L’alliance éducative, clé de voûte de l’expérimentation
L’expérimentation marseillaise repose sur une conviction forte : on ne peut pas vraiment agir sur le climat éducatif si l’on se concentre uniquement sur le temps scolaire ou périscolaire. L’enfant passe des heures à l’école et en centre périscolaire, c’est vrai. Il en passe aussi beaucoup à la maison. Ce qui se construit dans la classe peut alors s’effacer en franchissant le portail si les mots, les repères et les pratiques sont trop différents entre ces différents lieux de vie.
Cette étape s’adresse plus particulièrement aux familles.
Le temps Parents-Enfants : vivre les CPS à la maison
Les équipes éducatives organisent une rencontre et invitent les familles à venir découvrir ce qui a déjà été expérimenté en classe ou au périscolaire. Les 1 400 familles impliquées dans l’expérimentation reçoivent un accès à l’application audio “sans écran” Lili pour les SUPER-PARENTS : des ressources concrètes pour que les parents puissent proposer les mêmes activités à leurs enfants, à la maison.
Pas de jargon pédagogique. Pas d’injonction. Des outils simples, audio, accessibles, pensés pour partager des moments du quotidien : l’activité de fin de journée, l’histoire du soir, le coucher…
Même vocabulaire, mêmes rituels : la cohérence comme levier
La continuité éducative participe directement au climat de classe.
Quand un enfant retrouve à la maison des repères qu’il connaît de l’école ou au centre, les mêmes mots pour parler des émotions, les mêmes rituels de calme, la même façon de nommer ce qu’il ressent, il sent la cohérence.
Et quand les parents comprennent ce que fait l’école, quand ils y participent même à distance, quand ils ne sont plus de l’autre côté, la relation école-famille se transforme. Elle devient une alliance au service de l’enfant.
Faire équipe avec les familles : c’est l’objectif de ce temps 3 !
À Marseille, du côté des quartiers où l’école et le périscolaire participent à l’expérimentation, quelque chose se construit patiemment. Un langage commun entre enseignants et animateurs. Une confiance qui grandit chez les adultes. Des enfants qui commencent à mettre des mots sur ce qu’ils vivent. Et bientôt, des familles dans la boucle.
Le bilan chiffré est prévu après l’été 2026.








