Alors que bien dormir est essentiel au développement de chaque enfant, cela contribue à son bien-être, sa santé mentale, mais aussi, à la bonne acquisition de ses apprentissages, leur sommeil est de plus en plus perturbé et fragilisé. Aujourd’hui, on estime que plus de 30% des enfants et jusqu’à 70% des adolescents ne dorment pas suffisamment.
Bonne nouvelle : bien dormir n’est pas une fatalité, cela s’apprend ! En s’appuyant sur des routines quotidiennes et les découvertes des neurosciences, il est possible de transformer les nuits agitées en un véritable cercle vertueux.
Les neurosciences au service du sommeil
« On sait maintenant qu’on peut améliorer la qualité du sommeil et avoir un impact sur la qualité de l’apprentissage » explique Stanislas Dehaene, professeur de psychologie cognitive. C’est en ce sens que Lili à la maison propose des routines et des relaxations pour aider chaque enfant à trouver le sommeil.
En tant que parents, nous voyons souvent le sommeil de nos enfants comme une pause, un silence, un moment où il ne se passe plus rien. Pourtant, c’est tout l’inverse : dormir est une phase d’ébullition cérébrale indispensable. Pour mieux comprendre ce qui se joue la nuit, Lili s’appuie également sur l’expertise de Grégoire Borst, Professeur de psychologie du développement et de neurosciences cognitives de l’éducation (LaPsyDÉ – Université Paris Cité) et membre de notre comité scientifique.
Grâce à la Recherche, nous savons que le sommeil est le pilier invisible de la santé physique et mentale. Ce n’est pas une simple période de repos, mais un véritable « chantier » où le cerveau se construit, se répare et mémorise les informations de la journée de manière efficace.
Que fait exactement le cerveau de votre enfant la nuit ?
Durant cette phase nocturne, le cerveau alterne entre deux phases : le sommeil lent (endormissement, léger, profond) et le sommeil paradoxal (sommeil très profond où les rêves apparaissent). La proportion de ces phases de sommeil varie en fonction des différentes périodes de la vie. Le sommeil paradoxal est absolument essentiel pour le neurodéveloppement et la maturation globale du cerveau. La phase de sommeil paradoxal va donc diminuer au fur et à mesure des années, jusqu’à l’âge adulte.
Durant la nuit, le cerveau opère un double rôle de filtrage de la pertinence et de consolidation des informations reçues durant la journée. C’est une véritable période de maintenance où s’opère une mémorisation profonde, indispensable aux apprentissages scolaires. Sans ce temps de repos, la mémorisation devient défaillante et les nouvelles acquisitions s’évaporent.
On peut comparer cette activité à un véritable « lavage de cerveau » et à une sauvegarde des données essentielles. En effet, la nuit, le cerveau trie les innombrables découvertes de la journée, jette l’inutile et range l’essentiel dans la « bibliothèque » à long terme. Il est crucial de comprendre qu’une heure de sommeil perdue ne se rattrape jamais vraiment ; elle représente une perte nette de maturation cognitive.
Une autre mission du sommeil est de permettre de drainer les déchets neurotoxiques du cerveau.
Le saviez-vous ? Les besoins de sommeil sont différents en fonction de l’âge. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande 10 à 13 heures de sommeil pour les enfants de 3 à 5 ans et 9 à 11 heures pour les enfants de 6 à 13 ans. Pour un adolescent, la durée de sommeil idéale se situe entre 8 à 10 heures par nuit. En dessous de ces seuils, les enfants et adolescents sont en déficit de sommeil.
Le manque de sommeil peut-il avoir un lien avec le dérèglement des émotions ?
Absolument. Un enfant qui dort mal est un enfant irritable, car le sommeil est la principale clé de la régulation émotionnelle. Sans un sommeil réparateur, l’amygdale, qui est le centre des émotions dans le cerveau, devient hyper-réactive. L’enfant perd alors sa capacité à se modérer et peut exploser pour un simple détail. En réalité, beaucoup d’enfants perçus comme agités sont simplement en dette de sommeil chronique.
Chez les adolescents, la situation est d’autant plus complexe que leur horloge biologique se décale physiologiquement de deux heures. On appelle ce phénomène le retard de phase. Ce n’est donc pas de la provocation si l’heure du coucher de votre ado est tardive, mais une réalité biologique. Pour eux, un manque de sommeil les met dans une situation périlleuse car ce manque de repos « endort » la zone du cerveau responsable du jugement, augmentant ainsi l’impulsivité et la prise de risque.
Le conseil de Lili : Laissez-les récupérer le week-end. Dormir jusqu’à 10 heures est une nécessité biologique pour limiter l’impact de la fatigue accumulée durant la semaine.
Pourquoi dit-on que les rythmes scolaires sont en décalage avec l’horloge biologique des enfants ?
Il existe un défi de synchronisation entre le rythme circadien des jeunes et le rythme scolaire. Un début de cours à 8h pour un adolescent crée un état de somnolence diurne qui nuit à la scolarité.
C’est là que la sieste retrouve tout son intérêt, quel que soit l’âge. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas du temps perdu mais un passage nécessaire pour la récupération du système nerveux et du système immunitaire. Grégoire Borst conseille d’ailleurs de préserver la sieste à la maison le plus longtemps possible. Un sommeil lent de 20 minutes peut compenser une mauvaise qualité de nuit.
Le conseil de Lili : Préservez la sieste à la maison le plus longtemps possible.
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Comment décoder les nuits agitées de vos enfants ?
Les sources de stress nocturnes sont nombreuses, mais les apports des neurosciences permettent de mieux les interpréter. Entre 0 et 6 ans, la « bataille du coucher » est souvent une angoisse de séparation où le cerveau perçoit l’obscurité comme un danger.
Parallèlement, l’usage des écrans le soir agit comme un « double expresso » : la lumière bleue bloque la mélatonine, l’hormone du sommeil, et dérègle l’horloge interne.
Il faut aussi distinguer les cauchemars des terreurs nocturnes. Si le cauchemar nécessite du réconfort, la terreur nocturne parfois impressionnante (l’enfant hurle mais dort toujours), demande de la patience . Il ne faut surtout pas le réveiller au risque de le plonger dans une profonde confusion.
Enfin, pour les plus de 5 ans, le « pipi au lit » est souvent un simple retard de maturation du signal d’alerte entre la vessie et le cerveau, et non de la paresse ou une pathologie. L’expliquer à votre enfant pour le déculpabiliser est essentiel : l’angoisse de « l’accident » ne doit pas être un frein à l’endormissement.
Le saviez-vous ? Depuis janvier 2025, de nouvelles questions sur le sommeil sont intégrées aux examens de santé obligatoires du carnet de santé (notamment à 3, 4 et 15 ans) pour mieux dépister les troubles précocement.
Comment utiliser Lili.cool pour favoriser le sommeil de votre enfant et de votre adolescent ?
Le cerveau adore la prévisibilité. Pour aider votre enfant à glisser vers le repos, la mise en place d’un « sas de décompression » est indispensable. Le cerveau ne dispose pas d’un interrupteur on/off ; il a besoin d’une routine de transition qui lui signale qu’il peut enfin lâcher prise. En éteignant les écrans une heure avant le coucher et en instaurant un rituel du soir avec des activités calmes, vous envoyez les bons signaux pour stabiliser les rythmes biologiques. C’est aussi l’occasion d’expliquer à votre enfant que prendre soin de son sommeil participe à une hygiène de vie saine.
Cependant la qualité de la nuit se prépare dès le réveil. Un cerveau fatigué peine à réguler ses émotions, ce qui peut transformer la journée en un champ de mines émotionnel. C’est ici que le rituel « Ma météo intérieure » de Lili prend toute son importance le matin : il permet à l’enfant d’identifier son état et de nommer ses tensions dès le lever. En désamorçant ces orages potentiels tout au long de la journée, vous évitez l’accumulation de pensées envahissantes et de stress qui, le soir venu, empêchent l’endormissement.



En protégeant ainsi le sommeil par une approche globale, routine du matin et routine du soir (et routine de début d’après-midi pour la sieste), vous offrez à votre enfant bien plus que du repos : vous lui donnez les ressources biologiques nécessaires pour apprendre à identifier et gérer ses émotions, brisant ainsi le cercle vicieux de la fatigue pour instaurer un cercle vertueux d’épanouissement.

La routine du soir : Proposez une ou plusieurs activités calmes et déterminez la durée raisonnable de cette routine. Informez votre enfant et assurez-vous que cette routine puisse se répéter aussi régulièrement que possible pour qu’elle soit efficace. Les exemples d’activités calmes disponibles sur Lili à la maison :
- Le matériel à imprimer “Les petits pas” permet à votre enfant de conclure sa journée en valorisant ses petits pas réalisés. Cela lui permet de prendre également conscience de ses besoins (repos, concentration, mouvement…), des solutions trouvées et de ses petites victoires. Votre enfant peut choisir de le remplir avec vous puis de gagner en autonomie au fur et à mesure pour le compléter tout seul.
- Les récits inspirants : qu’ils soient sonorisés ou lus à voix haute, ces récits sont parfaits pour remplacer l’excitation par l’imaginaire, offrant une alternative inspirantes aux histoires du soir.
- Les relaxations pour s’endormir : véritables invitations au lâcher-prise, ces rituels sonorisés guident votre enfant vers un calme profond, facilitant une transition naturelle vers l’endormissement. Ces relaxations préparent l’enfant au sommeil en le transportant dans un univers propice à un endormissement profond et serein : les étoiles, le wagon magique, la forêt de lumière, l’oasis, l’oiseau, les trois portes, l’album photo, au coin du feu… Ces relaxations, d’une durée de 10 minutes, sont à écouter au moment du coucher, le soir ou avant une sieste pour les plus jeunes, la lumière éteinte.

En refermant cette page, rappelez-vous que le sommeil n’est pas une simple « extinction des feux », mais le moment où votre enfant consolide ses apprentissages, nettoie son cerveau et stabilise ses émotions. Chaque cycle de repos est un investissement direct dans sa santé mentale et sa réussite future.
Si les nuits sont parfois agitées ou les matins difficiles, ne voyez pas cela comme une fatalité. En comprenant la biologie du cerveau, de la nécessité de la sieste au retard de phase des ados, vous pouvez transformer l’angoisse du coucher en un moment de connexion privilégié.
Aider son enfant ou son adolescent à trouver le sommeil : ce qu’il faut retenir
- La régularité avant tout : le cerveau adore les habitudes. Un « sas de décompression » sans écrans est votre meilleur allié.
- Écouter les besoins : un enfant agité est souvent un enfant qui manque de repos. Respecter les quotas de l’OMS n’est pas un luxe, c’est une nécessité biologique.
- Le rôle des routines : de Ma météo intérieure le matin aux Récits inspirants le soir, chaque petit rituel aide à apaiser l’amygdale et à favoriser l’endormissement.
- La déconnexion : plus d’écran 1h avant d’aller au lit. Des dispositifs de déconnexion des outils scolaires numériques le soir sont d’ailleurs en cours de déploiement pour les adolescents.
Protéger le sommeil de vos enfants, c’est leur montrer comment prendre soin de leur corps pour se sentir bien et profiter d’une vie émotionnelle équilibrée. Et si vous commenciez dès ce soir en testant l’une de nos relaxations sonores ?









