Dans sa classe de maternelle, Bénédicte accompagne chaque jour ses élèves de petite, moyenne et grande section dans un apprentissage essentiel : apprendre à mieux se connaître, à comprendre ses émotions, à identifier ses besoins et à vivre plus sereinement avec les autres.
Enseignante depuis de nombreuses années, Bénédicte travaille autour des compétences psychosociales (CPS) en maternelle à l’aide du programme Lili. Tout passe par le vécu, le jeu, les échanges et les expériences du quotidien.
« Avec les plus petits, on ne peut pas rester dans l’abstrait.
Les enfants ont besoin de ressentir, de vivre les choses pour commencer à les comprendre. »
Renforcer l’image de soi dès la petite section de maternelle
Pour Bénédicte, tout commence par la manière dont l’adulte regarde l’enfant. Avant même de parler d’émotions ou de régulation, il est essentiel d’aider chaque élève à construire une image de soi suffisamment solide et sécurisante.
Dans sa classe, les réussites ne sont pas réservées aux grandes performances scolaires. Chaque petit pas compte. Une construction, un jeu terminé, une tentative, un effort pour participer : tout devient support d’encouragement.
« Je valorise énormément ce qui peut paraître insignifiant à nos yeux d’adultes. Un gribouillis peut devenir une vraie œuvre lorsqu’un enfant explique :
“Là c’est le camping-car et là la tente des doudous parce qu’il n’y avait plus de place dedans.” »
Les contenus audio, les histoires et les temps d’échange proposés par Lili viennent nourrir ce travail de fond. Peu à peu, les enfants découvrent qu’ils sont capables d’essayer, de recommencer, de progresser et de persévérer. Ils intègrent que leurs actions et leurs paroles ont de la valeur.
Apprendre à reconnaître les émotions
Une fois cette base sécurisante installée, la classe entre progressivement dans le travail autour des émotions. Les élèves apprennent à reconnaître les différentes émotions, chez eux comme chez les autres, en observant :
- les expressions du visage ;
- les sensations dans le corps ;
- le ton de la voix.

Dans la classe, les émotions se vivent et se mettent en scène : on les mime, on les joue, on les raconte.
« Les enfants découvrent progressivement qu’aucune émotion n’est mauvaise. Une émotion est avant tout un signal. »
L’objectif n’est pas de supprimer les émotions dites « désagréables », mais bien de comprendre ce qu’elles viennent raconter.
Derrière chaque émotion : un besoin
Très rapidement, le travail autour des besoins devient central dans la classe. Les enfants apprennent qu’une émotion inconfortable indique souvent un besoin non satisfait. Ensemble, ils réfléchissent aux solutions pour aller mieux : être écouté, être protégé, respirer profondément, être aidé, écouter de la musique, jouer, bouger, avoir un moment seul ou recevoir un câlin.

Bastien a dessiné Jean-Marie. Jean-Marie est triste parce qu’il veut aller dehors. Il a besoin de son doudou pour se sentir mieux.
Pour rendre ces notions accessibles aux plus jeunes, la classe de Bénédicte a fabriqué ses propres cartes de besoins. Plastifiées puis installées dans un coin ressource, elles deviennent un véritable outil de communication émotionnelle. Lorsqu’un enfant traverse une émotion forte sans pouvoir mettre des mots dessus, il peut aller chercher la carte correspondant à son besoin.
« Cela change énormément de choses.
L’enfant ne reste plus seul face à son émotion et l’adulte n’est plus uniquement
dans une logique de gestion du comportement, il est dans une logique d’accompagnement à l’autorégulation. »
Un coin ressource pour apprendre à s’apaiser
À partir de ce travail, la classe s’est progressivement dotée d’un véritable « coin ressource ». Cet espace dédié à leur bien-être est accessible librement. Les enfants y trouvent différents outils qu’ils apprennent à utiliser en autonomie :
- une tablette avec les contenus audio de Lili ;
- des casques anti-bruit pour s’isoler du brouhaha ;
- une boîte à histoires ;
- des objets sensoriels ;
- des cartes de respiration ;
- une boîte où déposer ses petits tracas ;
- et une autre destinée à partager les joies et les réussites.

Ce lieu n’est jamais présenté comme un espace de punition. Au contraire, il permet aux enfants d’apprendre à écouter ce qui se passe en eux et d’identifier les stratégies pour retrouver un équilibre émotionnel.
Apprendre à agir sur ce que l’on ressent
Petit à petit, les élèves découvrent qu’ils possèdent déjà certaines ressources pour s’apaiser : demander de l’aide, respirer, utiliser un outil sensoriel, prendre un temps calme ou verbaliser ce qu’ils vivent.
Ce travail demande du temps et de la répétition.
« Les compétences psychosociales ne se développent pas en quelques semaines. Mais quand on accompagne les enfants régulièrement et avec cohérence, les évolutions deviennent très visibles. »
Bénédicte garde souvent ses élèves pendant deux années consécutives,. Elle peut ainsi observer des changements très concrets dès le début de la deuxième année : davantage de verbalisation, des conflits moins explosifs, une meilleure capacité à patienter ou à coopérer.
Certains enfants qui réagissaient auparavant par des cris ou des gestes agressifs commencent progressivement à dire : « J’ai besoin d’aide » ou « J’ai besoin d’être tranquille ».
Communiquer, coopérer, vivre ensemble : des compétences psychosociales à développer dès la maternelle
En grande section, puis tout au long de l’élémentaire, ce travail continue de s’enrichir. En comprenant mieux leurs émotions et leurs besoins, les enfants vont plus loin dans la relation à l’autre : écouter réellement, exprimer clairement ce qu’ils ressentent, résoudre des conflits sans violence, poser des limites ou encore apprendre à dire non avec respect.
« Dire non sans rejeter l’autre, comprendre qu’on peut poser une limite tout en restant bienveillant… tout cela s’enseigne. »
Les compétences psychosociales prennent alors pleinement leur sens : elles ne sont pas travaillées « à côté » des apprentissages, mais au cœur même de la vie de classe et des interactions quotidiennes.
Et c’est sans doute ce qui rend ce travail si précieux : les enfants n’apprennent pas seulement à parler des émotions. Ils apprennent, peu à peu, à mieux se comprendre pour mieux grandir.
Ressources pratiques
- Module d’autoformation : Sensibilisation aux compétences psychosociales, partie « Les compétences émotionnelles »
- Outils pratiques : Séquences pédagogiques Apprivoiser mes émotions et ses ressources élèves
- Rituel à télécharger : Les tribus des émotions
Merci à Bénédicte, professeure des écoles et utilisatrice de Lili, pour son partage d’expérience et ses judicieux conseils d’utilisation.
Pour partager vos utilisations de Lili.cool sous forme de témoignage, écrivez-nous à hello@lili.cool, rejoignez-nous sur nos événements en ligne ou sur notre compte instagram.











